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Projet initial

Association

“ AIRE DE FAMILLE ”

62, rue Dulong

75017 PARIS


 

Les statuts de l’association ont été déposés à la Préfecture de Police de Paris le 20 mars 1997.

Les objectifs de cette association sont :

1° - Favoriser l’accueil de l’enfant dès le début de la grossesse par ses deux parents, en situation de vulnérabilité sociale et psychique.

2° - Accompagner les jeunes parents dans leur désir de maintenir ou restaurer des liens avec la famille élargie.

3° - Susciter les réseaux de ressources des différents quartiers de nature à développer l’enracinement des familles accueillies et les échanges réciproques d’entraide entre les personnes.

4° - Proposer aux parents résidents des actions spécifiques pour soutenir leur projet de vie, dans la construction de leur famille et dans les domaines professionnel ou scolaire, culturel, médical, communautaire, juridique, administratif.


 

SOMMAIRE

I.1 - Inventaire des structures existantes susceptibles d’accueillir des couples à Paris Cet inventaire des établissements accueillant des familles est significatif : ceux-ci s’avèrent très ciblés sur des populations tels que séropositif, sida, prostitution, alcoolisme, drogue, sortant de prison, SDF, et n’accueillent pas de familles avec enfant dans le sens d’un accompagnement à la parentalité.

I.2 – L’autorité parentale du point de vue de la loi

1.2.1 - Définition L’autorité parentale est l’ensemble des pouvoirs et droits que la loi accorde aux père et mère. Elle est à la fois un droit et une obligation. Elle vise à assurer au mineur une protection quant à sa sécurité, sa santé et sa moralité.

1.2.2 - Qui détient l’exercice de l’autorité parentale ? Deux statuts d’autorité parentale existent : l’exercice en commun dans lequel l’autorité est partagée, l’exercice unilatéral dans lequel un seul des parents est reconnu pouvoir exercer l’autorité sur son enfant.

I.3 - Les missions des Centres Maternels et des CHRS

I.3.1 - Les Centres maternels

I.3.2 - Les C.H.R.S

I.4 - Constats cliniques en Centres Maternels

I.4.1 - L’absence ou vacance du père . L’institution contribue à renforcer la mise à l’écart des pères.

I.4.2 - De faibles perspectives d’emploi des femmes concernées . La situation de parent isolé handicape très fortement l’accès à l’emploi

I.4.3 - L’isolement familial renforce l’exclusion sociale . Les familles monoparentales sont les plus touchées par la crise et vivent au dessous du seuil de pauvreté.

I.4.4 – Atouts et écueils des Centres Maternels . La forte présence de l’institution au sein de la famille dans ce type de structure est une aide précieuse. Mais elle peut s’avérer inhibante pour la mère, l’enfant, voire le père dans le cas de famille en construction. Le jeune père est le plus souvent obligé de se débrouiller seul ou d’interpeller lui-même les divers interlocuteurs pour trouver un soutien.

I.5 - Limites des structures existantes . L’accueil de couple reste très insuffisant et marginal, d’autant plus pour des couples avec un enfant de moins de trois ans.

II - CONCEPTS

II.1 - Naissance d’une famille .La naissance d’un enfant marque la transition entre deux familles, celle dont on est issu et celle que l’on est en train de créer.

II.2 - La parentalité, un processus à accompagner . Donnant naissance à un enfant, l’homme et la femme deviennent parents. Mais la parentalité n’est pas un état. C’est un long processus de bouleversements, qui entraîne des remaniements psychiques importants et met à jour des forces et des fragilités.

II.3 - Paradoxe de l’évolution de la structure familiale

Chaque famille doit élaborer ses propres repères, explorer ses valeurs, échanger entre personnes de sensibilités différentes pour construire une famille en accord avec chacun.

Plusieurs facteurs obligent aujourd’hui les familles à s’ouvrir au monde extérieur sous peine de ne pouvoir survivre.

II. 4 - Une prévention humaniste et attentionnée

II.4.1 - La notion de vulnérabilité . La vulnérabilité se définit comme un état de fragilité sociale et psychologique dont les origines sont multiples et peuvent se conjuguer.

II.4.2 - La solitude. Lorsque les liens affectifs et sociaux font défaut, la menace est grande.

II.4.3 - Accueil et Accompagnement . L’accueil peut se définir comme les prémisses d’une rencontre possible. A ce stade, il ne s’agit pas d’orienter la personne, de la conseiller, mais d’avoir la disponibilité suffisante, de laisser un espace de paroles suffisamment ouvert, de sorte que la réalité extérieure et psychique du sujet et de l’entourage puisse être entendue et respectée.

II.4.4 - Inscription sociale comme tiers. Aire de Famille souhaite établir des liens avec les réseaux de ressources des différents quartiers de nature à développer l’enracinement des familles accueillies et les échanges réciproques d’entraide entre les personnes.

 

Repliement sur soi et sentiment de honte

Nous avons souvent constaté que les jeunes parents ressentent une certaine pudeur, voire une crainte de l’extérieur, d’autrui. Repliés sur eux mêmes, ils ne peuvent rester qu’entre eux, se privant de tout ce que peut leur apporter cet extérieur redouté, tant sur un plan amical, culturel...

 

Partenariat

Nous concevons notre travail dans un partenariat étroit avec les différents services ou institutions, dans la complémentarité de nos compétences professionnelles et avec les diverses associations du quartier pour un bon voisinage et de la convivialité.

III - LE PROJET

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1 - Mettre à disposition un appartement, fondement d’une vie familiale

2 - Aider au développement des relations au sein de la famille

3 - Faciliter l’insertion professionnelle, environnementale et les autres aspects extra-familiaux nécessaires à la vie familiale

DES MOYENS

Un hébergement dans des appartements de deux pièces en bail glissant

Un contrat de visites mutuelles entre la famille et l’institution

La mise en place de services institutionnels Aire de Famille afin d’accompagner la famille dans ses projets et difficultés familiales

Une ouverture sur les associations de quartier

Un soutien aux démarches d’insertion professionnelle

Un soutien à l’intégration dans diverses structures sociales

III.3 – Phases d’admission et d’accueil

III.3.1 - Finalités . L’admission est un espace temps de rencontre qui présente plusieurs finalités

III.3.2 - Critères d’admission .Ils sont centrés sur le désir du couple de construire une famille.

III.3.3 - L’admission se déroule en deux phases

La phase “entretiens” est suivie d’une période de découverte et d’expérimentation du Centre.

III.3.4 - Déroulement des deux entretiens d’admissionDeux entretiens avec deux professionnels différents sont préalables à toute admission, afin de permettre la concertation sur des points de vue et appréciations différentes.

III.3.5 - Schéma récapitulatif des phases d’admission et d’accueil

 

III.4 - Nos axes et nos choix d’accompagnement

III.4.1 - Le contrat d’occupation

Les studios-relais sont mis à la disposition des jeunes couples en attente de la naissance d’un enfant dans le cadre de l’établissement géré par l’Association AIRE DE FAMILLE à la suite de la procédure d’admission et avant l’installation dans un appartement de type F2 en bail glissant.

III.4.2 - Le contrat d’accompagnement ou contrat social

Il s’agit de ne pas limiter la prestation à un simple hébergement mais de soutenir la famille dans sa fonction parentale jusqu’à ce qu’elle retrouve son autonomie (Cf les moyens).

III.5 – Axes éthiques du projet

III.5.1 – Progresser grâce à la pluridisciplinarité et la supervision. L’accompagnement social exige des rencontres pluridisciplinaires au cours desquelles chacun des intervenants peut confronter ses pratiques, affiner ses références théoriques, réfléchir sur son identité professionnelle.

III.5.2 - Une instance de recherche et de formation pour évaluer régulièrement la pertinence du projet qui se veut expérimental et innovant, et dont les ambitions d’essaimage et de pérennisation, nécessite un ajustement permanent.

III.5.3 - Les vacations

Intervention de divers spécialistes sur des thèmes touchant la relation à l’enfant, à soi-même, à la parentalité.

CONCLUSION

De nombreuses structures viennent en aide aux femmes seules avec ou sans enfant. Nous pensons qu’étant donné l’importance du père dans la structuration de l’enfant, dans la viabilité économique de la famille, il est important d’éviter la séparation dans la mesure où cela est possible.

BIBLIOGRAPHIE

L’association “Aire de Famille” propose la création d’un Centre Parental accueillant des jeunes couples originaires administrativement de Paris, en situation d’urgence et de vulnérabilité psychique et sociale, et dont la jeune femme est enceinte.

Un hébergement est fourni, qui se fera dans des appartements en baux glissants, afin de permettre à ces familles de se sédentariser et de s’insérer sur un quartier.

L’hébergement est associé à une structure éducative permettant aux parents de mieux se préparer à la vie de couple, à l’accueil d’un enfant et de mener en parallèle une réinsertion professionnelle.

Cette création d’établissement, étayée sur une longue expérience professionnelle et selon une éthique définie, est innovante. Elle vise une prévention précoce de la maltraitance ou de tout autre signe de la brisure de l’être, caractéristique douloureuse de l’époque actuelle, notamment chez les jeunes.

Cette expérience sera soutenue sur un plan théorique par une instance de formation du pôle universitaire.


 

Aucune famille ne peut accrocher cet écriteau
à la porte de sa maison : 

Ici, nous n’avons pas
de problème.

 

Proverbe chinois *

* Cité par B. Bettelheim, « Pour être des parents acceptables » Laffont Bouquins 1988

I - DIAGNOSTIC


 

I.1 - Inventaire des structures existantes susceptibles d’accueillir des couples à Paris

 

Etablissement

Population

Hébergement

Insertion

Urgence

Places en intra

Places en extra

Service d’accompagnement Emmaüs

Toute population avec enfants

FSL Périssol

60

 

20

40

Cité St Martin Village

Drogue, Sida

Hôtel + ALT

35

 

15

20

Cité St Martin

Hôtel social

 Toute personne en d     difficulté sociale

CHRS

 

40

32

8

Cité St Martin

famille

CHRS

124

 

64

60

SOS appart

Drogue Sida

Service d’accompagnement FSL

63

 

30

33

Le Nid

Prostitution drogue Sida alcool Justice

Hébergement ALT

22

32

32

22

Emmaüs Valmy

Famille

CHRS

53

 

 

53

Caspotel Tillier

SDF

Résidence sociale

35

15

35

 

ARFOG

 Famille victime  de   violence

CHRS

188

10

198

 

Samu Social

SDF

accueil 3 jours

 

682

682

 

œuvre de la Mie de Pain

SDF

par nuit

 

504

504

 

Association Charonne

Drogue Sida

Appartements thérapeutiques

25

10

10

25

Espace rivière

Séropositifs, sida

Appartements thérapeutiques

13

 

 

13

Caspotel Pouchet

SDF Justice

Hôtel social

45

 

45

 

Emmaüs flandre

Famille

Hôtel social

50

 

46

4

Soleillet

Justice

CHRS

37

 

10

27

Casip

SDF en voie d’insertion

Hôtel social

 

 

 

 

CASVP

SDF en voie d’insertion

3 hôtels sociaux

130

 

130

 

Cet inventaire des établissements accueillant des familles est significatif : ceux-ci s’avèrent très ciblés sur des populations tels que séropositif, sida, prostitution, alcoolisme, drogue, sortant de prison, SDF, et n’accueillent pas de familles avec enfant dans le sens d’un accompagnement à la parentalité.
 

En théorie, tous ces établissements sont habilités à recevoir des familles : père et mère, avec leurs enfants. Pourtant, en dehors des résidences sociales et des hôtels sociaux qui offrent un toit pour une durée de six mois, pour des personnes inscrites dans un processus de réinsertion (et malheureusement sans l’appui d’un personnel compétent), peu d’établissements accueillent effectivement les deux parents avec leurs enfants.

La quasi totalité des personnes accueillies dans les centres de l’ARFOG, par exemple, sont des mères seules avec leurs enfants.

La Cité Saint Martin indique qu’un quota de 20 familles bi-parentales est fixé sur une capacité d’accueil de 72 familles. Si cette limite n’existait pas, l’établissement ne recevrait que ce type de population.

L’oeuvre de la Mie de Pain reçoit pour sa part des personnes “ brisées par la vie ” tant physiquement que psychologiquement (généralement des hommes seuls, malgré la possibilité de recevoir des familles avec enfants). Compte tenu de cette population essentiellement composée de « clochards », il est impensable d’accueillir des enfants dans de telles conditions de misère et de violence.

Le Samu-social “ ramasse ” des êtres abandonnés de tous, pour trois jours maximum, avant de les réorienter vers d’autres établissements plus adaptés à la situation de chacun, quitte à séparer les membres de la famille.

 

L’ensemble des partenaires sociaux (Coordination des différents services, CHRS, Services d’accompagnement, etc ...) déplore cette carence dans les réponses apportées.

Des couples, jeunes, en attente d’une naissance, ne trouvent pas d’accueil adapté à leur situation. La solution première est d’orienter la jeune femme vers un Centre Maternel, le jeune homme se débrouillant par ses propres moyens. Il arrive parfois qu’il entre dans un F.J.T (foyer de jeunes travailleurs) ou dans un C.H.R.S. pour homme seul.

Le Service d’Accompagnement Social de la Cité St Martin, par exemple, signale que des couples peuvent être accueillis en chambre d’hôtel alors que la jeune femme est enceinte, mais qu’ils doivent impérativement quitter cet hébergement dès que l’enfant naît.

Ces réponses provoquent malheureusement, l’éclatement des familles, et ne soutiennent pas ces parents déjà très en difficulté, dans l’exercice de leur fonction parentale.

Accompagner ces jeunes couples dans leurs responsabilités de parents, représente une véritable prévention tant pour l’avenir et la structuration de l’enfant à naître que pour la stabilisation de ces personnes sans “ racines ” et dans l’errance.

Plus qu’un coût, nous proposons un véritable investissement à travers des réponses spécifiques apportées à ces jeunes couples en attente d’un bébé.

 

Réponses qui se situent à la fois :

  • dans le soutien de la fonction parentale,

  • dans l’accueil de l’enfant par ses deux parents pour favoriser l’établissement de liens forts avec le bébé,

  • dans un accompagnement à l’insertion sur un quartier et

  • dans un accompagnement à l’insertion professionnelle.


 

I.2 – L’autorité parentale du point de vue de la loi

 

La loi du 8 janvier 1993 a rénové les règles relatives à l’autorité parentale. Elle a principalement simplifié les modalités d’exercice en commun de cette autorité.
 

1.2.1 - Définition

L’autorité parentale est l’ensemble des pouvoirs et droits que la loi accorde aux père et mère. Elle est à la fois un droit et une obligation. Elle vise à assurer au mineur une protection quant à sa sécurité, sa santé et sa moralité.

 

Elle implique que les parents ont un droit et un devoir de garde, de surveillance et d’éducation. Elle se traduit par exemple par le fait que le détenteur de son exercice peut inscrire son enfant à l’école, autoriser des interventions chirurgicales ...

 

Un point d’histoire :

Le Code civil ne qualifie les pouvoirs des parents d’autorité parentale que depuis la loi du 4 juin 1970. Avant, il était question de puissance paternelle, ce qui mettait moins en évidence les idées d’égalité des parents et de droit des mineurs.

 

N.B. : L’autorité parentale appartient aux père et mère en raison de liens privilégiés qui les unissent à leur enfant, et est donc exercée par eux alors même qu’ils sont encore mineurs.

1.2.2 - Qui détient l’exercice de l’autorité parentale ?

Deux statuts d’autorité parentale existent : l’exercice en commun dans lequel l’autorité est partagée, l’exercice unilatéral dans lequel un seul des parents est reconnu pouvoir exercer l’autorité sur son enfant.
 

L’exercice en commun

(article 372 du Code civil)

L’exercice unilatéral

(article 374 du Code civil)

 

Lorsque les parents sont mariés, l’exercice de l’autorité parentale est commun.


 

Lorsque les parents vivent en commun et ont reconnu l’enfant dans un délai d’un an après la naissance, l’exercice de l’autorité parentale est commun.


 

L’exercice de l’autorité parentale demeure commun après un divorce ou séparation de corps, sauf décision contraire du juge des affaires familiales.


 

Le juge aux affaires familiales peut modifier les conditions de l’exercice de l’autorité parentale, compte tenu de l’intérêt de l’enfant, et accorder aux parents qui ne répondent pas aux conditions ci-dessus décrites, l’exercice en commun de cette autorité.

Si la filiation n’est établie qu’à l’égard d’un seul parent, celui-ci exerce seul l’autorité parentale.


 

Si la filiation n’est pas établie à l’égard des deux parents avant que l’enfant ait atteint l’âge de un an ou si les parents ne vivent pas en commun, l’exercice de l’autorité parentale revient à la mère.


 

Le juge des affaires familiales peut modifier les conditions de l’exercice de l’autorité parentale compte tenu de l’intérêt de l’enfant, et transférer cette autorité à l’autre parent.


 

Il peut aussi accorder à celui qui ne détient pas l’autorité parentale des droits de visite, d’hébergement ou de surveillance (en annexe).

 

I.3 - Les missions des Centres Maternels et des CHRS

Textes de loi du 23 janvier 1981 concernant le Centre Maternel et la circulaire du 14 mai 1991 concernant les Centres d’Hébergement et de Réadaptation Sociale en matière d’hébergement.

I.3.1 - Les Centres maternels

Ils sont issus d’un dispositif mis en place dans le cadre de la protection de l’enfance. Leurs quatre missions essentielles sont définies dans une annexe de la circulaire de 23 janvier 1981 (politique de l’Aide Sociale à l’Enfance) :

  • Rompre l’isolement des femmes enceintes et des jeunes mères d’enfants de moins de trois ans.

  • Les mettre en mesure d’exprimer le plus librement possible un choix quant à leur souhait de conduire ou non leur grossesse à son terme,

  • Leur apporter l’aide matérielle dont elles ont besoin,

  • Leur apporter une aide éducative et psychologique.
     

Les résultats attendus :

- Naissance d’une famille,

- Que la mère sache s’occuper de son enfant,

- Qu’elle puisse le prendre en charge et établir des relations positives matériellement et éducativement.

 

I.3.2 - Les C.H.R.S

Ils sont financés au titre de l’Aide Sociale Etat. Ils ont pour mission première l’accueil, l’orientation et l’hébergement des personnes sans domicile fixe.

L’objectif est de mesurer les besoins et de rechercher les moyens d’une réponse adaptée à chaque situation de détresse sociale.

La prise en charge de ces personnes très en difficulté doit aboutir à une insertion qui vise un accès ou un retour à une vie aussi proche que possible de la normale.

 

La circulaire DASS du 14 mai 1991 précise que l’accueil des familles nécessite des articulations précises avec les missions dévolues aux départements dans la cadre de l’A.S.E. qui doivent obéir à trois principes :

L’obligation de l’accueil des familles en détresse ; théoriquement, accueil de familles avec un ou des enfants de plus de trois ans.

Information du service de l’A.S.E.

Recherche d’une double habilitation Etat / Département.

 

Les résultats attendus :

Travail d’un projet professionnel,

Accès à un emploi,

Accès à un logement.
 

I.4 - Constats cliniques en Centres Maternels


 

I.4.1 - L’absence ou vacance du père

L’institution contribue à renforcer la mise à l’écart des pères.

Points de vue de la famille

L’entrée en Centre maternel implique la maternité isolée, c’est-à-dire l’absence supposée du père.

La séparation des parents n’implique pas pour autant obligatoirement l’“absence” effective du père ?

Parfois les pères sont mis à distance par les mères qui s’approprient ainsi l’enfant.

 

Points de vue de l’institution

L’institution peut protéger des violences.

Mais l’institution renforce la mise à l’écart des pères souvent perçus comme défaillants et dont la présence est soumise à des règles et dispositifs institutionnels stricts.

De plus, ces dispositifs réglementant la présence de l’homme dans le centre, limitent l’intimité du couple.

La place de tiers entre la mère et l’enfant symboliquement tenue par le père, est dans cette réalité laissée vacante, accaparée, remplie par l’institution.

 

I.4.2 - De faibles perspectives d’emploi des femmes concernées

La situation de parent isolé handicape très fortement l’accès à l’emploi

 

Les faibles qualifications professionnelles de la plupart de ces femmes (quelques fois illettrisme, souvent échecs scolaires) n’ouvrent l’accès qu’à des “ petits boulots ” peu motivants et peu investis, favorisant les échecs successifs.

Elles sont le plus souvent dans l’urgence d’accéder à un emploi et donc dans la dépendance à l’employeur (planning et horaires souvent inconciliables avec les modes de gardes de l’enfant).

Elles sont dans l’obligation de justifier d’avoir un emploi pour obtenir un logement (trois bulletins de paies sont nécessaires pour constituer un dossier logement)

Leur statut de mères isolées les marque du sceau d’un manque de fiabilité et de rentabilité (absences répétées du fait de la maladie de l’enfant, par exemple) vis-à-vis de l’employeur.

 

I.4.3 - L’isolement familial renforce l’exclusion sociale

Les familles monoparentales sont les plus touchées par la crise et vivent au dessous du seuil de pauvreté.

Le thème de la pauvreté des familles monoparentales n’est pas, en France, au centre des débats sur les démunis comme il peut l’être dans les pays anglo-saxons. Entre 1985 et 1995, leur nombre à pourtant progressé de 25% pour atteindre 1 084 000 et leur situation s’est dégradée.

Une sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. Mais sans prestations sociales, ce sont plus du tiers des familles monoparentales qui se retrouveraient en dessous de ce seuil. Grâce au RMI, aux prestations familiales, aides au logement et minima sociaux, elles ne sont plus que 17%. Ce sont donc plus de 200 000 familles qui sortent de la pauvreté grâce aux mesures redistributives. Ces spécificités sont mises en lumière par une vaste étude de l’INSEE (1).

 

La fragilité globale de ces familles tient pour partie à la rupture du couple conjugal et à la remise en cause du mode de vie antérieur. Ces ménages ont des revenus moyens par unité de consommation inférieurs d’un tiers à celui des autres foyers avec enfants. D’autres facteurs, souvent ignorés font qu’à revenus égaux, ces familles éprouvent plus de difficultés pour faire face au quotidien : “ Un adulte seul avec un jeune enfant a besoin d’un revenu supérieur à celui d’un couple avec deux jeunes enfants pour atteindre le même niveau d’aisance financière.” Les dépenses de logement et d’éducation pèsent plus lourd, l’absence d’un conjoint pose des problèmes particuliers pour la garde d’un enfant en bas âge. Le choix de l’école privée apparaît plus fréquent dans ce type de ménage : “ Peut-être le choix de ce type d’établissements, réputés pour mieux encadrer l’enfant, vise-t-il à palier l’absence du père ” avance l’INSEE.

60% des chefs de ménages monoparentaux sont divorcés, 20% sont veufs et 20% sont célibataires. Mais seule une famille sur cinq perçoit une pension alimentaire, d’un montant moyen de 24 000 francs par an. A l’absence de soutien matériel peut s’ajouter l’espacement des contacts avec l’autre parent. Plus de la moitié des enfants perdent ainsi le contact avec le parent non-gardien. C’est le réseau familial du parent gardien qui est alors le principal soutien. “ La solidarité privée s’exerce très largement en faveur de ces foyers ”. L’aide des proches permet à 17 000 familles (soit 35 000 enfants), de sortir de la pauvreté.

I.4.4 – Atouts et écueils des Centres Maternels

La forte présence de l’institution au sein de la famille dans ce type de structure est une aide précieuse. Mais elle peut s’avérer inhibante pour la mère, l’enfant, voire le père dans le cas de famille en construction.

Les atouts

Le travail d’étayage contenant autour de la naissance de l’enfant rompt l’isolement familial, l’angoisse de la grossesse et de la naissance, prend en compte le temps psychique nécessaire de cette période particulière.

L’accueil de l’enfant à la crèche est possible, même si la mère n’exerce pas d’activité professionnelle.

L’enfant bénéficie de la présence d’un personnel compétent et en nombre suffisant, qui a l’opportunité de travailler en équipe pluridisciplinaire.

La crèche s’avère un espace de vie réconfortant pour l’enfant qui vit un contexte où les difficultés sont majeures.

Les écueils

L’obligation d’un mode de garde, même aménagé, renforce une délégation institutionnelle des parents envers l’éducation de l’enfant.

Les relais parentaux sont très difficiles en cas d’impondérables ou d’horaires de travail “ hors cadre ”.

La promiscuité spatiale entre la mère et l’enfant (exiguïté des chambres) rend toute intimité périlleuse.

L’enfant est sous “ le regard ” permanent des professionnels, la mère pouvant se sentir jugée et jaugée sur ses capacités.

Le père de l’enfant est relégué à une place de “visiteur”.

Le Centre Maternel offre à la jeune mère une présence contenante dans les différents secteurs de sa vie.

Le jeune père est le plus souvent obligé de se débrouiller seul ou d’interpeller lui-même les divers interlocuteurs pour trouver un soutien.

Le fait qu’une jeune femme entre en Centre Maternel quand il y a couple, souligne déjà une défaillance du côté du père, lui même confronté à des difficultés sociales et professionnelles.

I.5 - Limites des structures existantes

Les limites

Les Centres Maternels (prise en charge ASE - Département) sont par définition réservés à l’accueil des mères isolées avec enfants de moins de trois ans.

Les CHRS (prise en charge Aide Sociale - Etat) accueillent des personnes en détresse sociale dans des établissements réservés soit pour hommes, soit pour femmes, soit pour un parent avec enfants, parfois pour les couples avec enfant.

L’accueil de couple reste très insuffisant et marginal, d’autant plus pour des couples avec un enfant de moins de trois ans.

Conséquences de ces propositions sociales

La famille n’est ni accueillie, ni soutenue dans son éventuel projet d’avenir, de vie commune.

Ces propositions provoquent la fragmentation de la famille, chacun se retrouvant dans des établissements différents.

Cette fragmentation met en cause l’exercice de l’autorité parentale et de la fonction paternelle, de tiers structurant pour l’enfant : les institutions se substituant partiellement à cette fonction du père.

De ce fait, il est “ satellisé ” autour du système sans vraiment en faire partie.

Les choix actuels offerts socialement à une femme enceinte isolée et démunie en dehors de ses propres solutions sont : l’avortement, les prestations sociales, le centre maternel, l’accouchement sous X, le placement du bébé...

4. En raison du temps passé en institution (lieu de passage, transitoire), le lien social est difficile à développer puisqu’il y a déracinement.
 

A l’égard des jeunes couples vulnérables (psychologiquement et/ou socialement) et en instance de devenir parents, “Aire de Famille” souhaite adopter une position de tiers qui favorise les articulations entre le monde de la vie privée et le monde social. L’arrivée de l’enfant et l’attribution d’un appartement peuvent catalyser l’ouverture vers un avenir plus construit.

 


II - CONCEPTS

 

II.1 - Naissance d’une famille

La naissance d’un enfant marque la transition entre deux familles, celle dont on est issu et celle que l’on est en train de créer.

Cette nouvelle entité qui se constitue est une création à part entière, une “unité sociale formée par les parents et les enfants, formée par les multiples interactions entre chacun des membres, leurs sentiments réciproques et de la façon dont chacun intègre la vie quotidienne ”.

La famille nouvelle engendre tout un réseau de “liens qui s’articulent sur la différence des sexes et des générations”.

II.2 - La parentalité, un processus à accompagner

De la conjugalité naît la parentalité.

Donnant naissance à un enfant, l’homme et la femme deviennent parents. Mais la parentalité n’est pas un état. C’est un long processus de bouleversements, qui entraîne des remaniements psychiques importants et met à jour des forces et des fragilités.

Lorsqu’il devient père ou mère, chaque parent se retrouve notamment confronté aux anciennes expériences de l’enfant qu’il a été vis-à-vis de ses propres parents.

Reconnu comme père par la mère, qui doit renoncer à avoir son bébé tout à elle et d’être tout pour son bébé, le père ouvre le champ social à l’enfant, qui voit devant lui jouer la différence des sexes, et l’aide à se construire.

C’est entre ces deux pôles, sollicitude maternelle et ouverture paternelle que l’enfant peut s’inscrire dans la lignée transgénérationnelle, comme un maillon de la chaîne et intégrer le temps qui passe et la succession des générations (les parents passent le « témoin » familial).

Le processus de parentalité est d’autant plus exposé que le lien social et/ou paternel est détérioré par des défaillances, des ambiguïtés, des vacances, une disqualification du côté du symbolique : inversion des places père-mère, “ maternage excessif ” du père ou de la mère, désintérêt, absence physique et/ou psychique auprès de l’enfant. Ces détériorations mettent en danger ce passage vers l’expérience de la conscience de ses droits et de ses responsabilités.
 

II.3 - Paradoxe de l’évolution de la structure familiale

entre ouverture et recentration, entre forces centrifuges et forces centripètes

a) nécessité du développement de l’intimité et d’un projet de couple : le jeu des forces centripètes

Dorénavant, lorsque deux personnes décident de fonder une famille, elles sont confrontées à l’exigence de se construire leur vie sans schéma imposé par la famille ou par les conventions sociales.

Chaque famille doit élaborer ses propres repères, explorer ses valeurs, échanger entre personnes de sensibilités différentes pour construire une famille en accord avec chacun.

Il faut inventer, trouver soi-même sa route dans un monde où l’expérience humaine a plus d’importance que les traditions normatives transmises.

Pour ce faire, chacun doit identifier et mettre en valeur ce qui est important pour lui, ce qui fonde son intimité. Puis il s’agit de dialoguer avec l’autre sexe, d’identifier ses valeurs, ses besoins pour construire à deux ou trois son histoire, se tourner vers l’avenir et l’organiser en intégrant l’environnement et le tissu urbain.

b) La nécessité d’une ouverture de la structure familiale : le jeu des forces centrifuges.

Plusieurs facteurs obligent aujourd’hui les familles à s’ouvrir au monde extérieur sous peine de ne pouvoir survivre.

- l’effritement du rôle économique de la famille, qui s’est précarisée (allocations familiales), conduit l’Etat à s’engager dans l’économie financière et psychologique de la famille.

- l’éloignement géographique (entre autre) a entraîné une diminution voire une disparition des liens avec la famille élargie, qui étaient sécurisants et parfois un ultime refuge. Cette absence de relais familiaux a nécessité la création de structures palliatives.

- l’évolution du rôle de la femme et donc de la mère (maîtrise de la fécondité et accès à l’emploi) a développé son indépendance économique. Là encore, ce changement a nécessité le recours à des structures palliatives (socialisation précoce de l’enfant).

Ces ouvertures sont incontestablement une avancée sociale.

Mais les perversions sont possibles. Au nom de l’égalité des chances, les acteurs institutionnels peuvent développer des relations de pouvoir, de maîtrise et de normes sociales imposées, ôtant aux parents la possibilité d’ouvrir leur propre chemin.

II. 4 - Une prévention humaniste et attentionnée

II.4.1 - La notion de vulnérabilité

La vulnérabilité se définit comme un état de fragilité sociale et psychologique dont les origines sont multiples et peuvent se conjuguer.

Ces origines sont :

- précarité du statut social,

- dépendance économique,

- isolement communautaire,

- blessures infantiles,

- dépendance due à l’âge.

Confronté à cette vulnérabilité, il est important de pas de s’enfermer dans une perspective causaliste et déterministe. Il convient au contraire d’élaborer avec la famille un projet en terme dynamique : sur quelles bases cette famille particulière peut-elle s’appuyer pour se construire ? quelle relation peut-elle créer pour réussir ?

Notre action s’articule sur le désir de dépassement, d’affranchissement d’une servitude vue en terme de destin ou de prédestination (“ les parents maltraitants ont été des enfants maltraités ”, les facteurs de risques...). Cela ne signifie pas que le passé soit dénié mais plutôt qu’il peut se réécrire dans un “ après coup ”, se distancier et laisser la place au devenir.

II.4.2 - La solitude

Lorsque les liens affectifs et sociaux font défaut, la menace est grande.

“ La solitude, le sentiment de ne pas avoir de racines est la malédiction de l’homme moderne. ”

Notre propos peut ici être aisément illustré par la parabole des porcs-épics de Schopenhauer :

“ Par une froide journée d’hiver, plusieurs porcs-épics se regroupèrent en un troupeau serré pour se protéger mutuellement contre la gelée, grâce à leur propre chaleur.

Mais aussitôt, ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres.

Quand le besoin de se réchauffer les eut de nouveau rapprochés, le même inconvénient se renouvela. Ils furent ainsi ballottés de ça de là, entre deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils finissent par trouver une distance moyenne qui leur rendit la situation supportable. ”

Les humains en sont là : “ Ils frissonnent, non pas à cause du froid, mais en raison de leur isolement dans leurs grands terriers surchauffés. Et ils ne savent pas pourquoi ils tremblent. ”

Ce n’est qu’en trouvant la juste distance - pas trop proche pour vivre à l’aise, mais pas trop éloigné dans un isolement qui gèle les émotions - que l’humain peut être heureux.

Si cette parabole des porcs-épics rend bien compte de la situation des familles auxquelles nous souhaitons rendre service, elle rend bien compte de notre position, de notre place de tiers professionnel auprès des familles : pas trop près pour ne pas les empêcher d’advenir, pas trop loin pour ne pas “ geler ” la relation tissée au fil des rencontres.

Là est toute la difficulté de l’accompagnement. C’est la définition même de l’accompagnement.

II.4.3 - Accueil et Accompagnement

L’accueil peut se définir comme les prémisses d’une rencontre possible. A ce stade, il ne s’agit pas d’orienter la personne, de la conseiller, mais d’avoir la disponibilité suffisante, de laisser un espace de paroles suffisamment ouvert, de sorte que la réalité extérieure et psychique du sujet et de l’entourage puisse être entendue et respectée.

Une rencontre pourra alors peut-être s’engager : elle sera sans doute faite d’une multitude de petites choses, d’échanges, de partage, de vie quotidienne. Une rencontre ne se fait pas d’emblée.

Cet accueil sera comme la potentialité d’une création de liens au décours de multiples passages, où face à un isolement souvent vécu comme un abandon, nous opposons une continuité ; et grâce au lien ainsi créé, les “ détachements ” pourront se jouer. Notre présence se veut comme le filet du trapéziste : ce filet joue une fonction de réassurance à distance ; il doit d’abord être permanent. Il peut ensuite être retiré, car il est intégré.

Cet accompagnement dans le cheminement, cet “ être-à-côté-de ” dans une juste distance, suffisamment proche mais pas trop, peut permettre le partage d’un vécu autour de la construction d’une réalité : la parentalité, être une femme et une mère, un homme et un père, un enfant et un fils, avoir une place dans une histoire transgénérationnelle.

Nous nous appuyons sur un cadre préétabli par des règles de fonctionnement, cadre qui sert à la fois de contenant, d’étayage mais aussi de “ zone neutre ”, nous préservant d’une trop grande familiarité ou fusion avec les personnes accueillies.

Cette pratique nécessite un fort investissement, un respect important de chacun et une grande cohésion des accueillants.

 

II.4.4 - Inscription sociale comme tiers

Aire de Famille souhaite établir des liens avec les réseaux de ressources des différents quartiers de nature à développer l’enracinement des familles accueillies et les échanges réciproques d’entraide entre les personnes.

Un enfant ne peut grandir que dans une relation à des adultes assumant, à la fois leur parentalité, leur socialité (instinct social), et leur sociabilité (caractère des relations entre personnes).

Nous avons pour objectif d’établir :

- des liens avec les réseaux de ressources des différents quartiers, de nature à développer l’enracinement des familles accueillies.

- des liens de solidarité, d’échanges réciproques, d’entraide entre les membres des familles accueillies.

Repliement sur soi et sentiment de honte

Nous avons souvent constaté que les jeunes parents ressentent une certaine pudeur, voire une crainte de l’extérieur, d’autrui. Repliés sur eux mêmes, ils ne peuvent rester qu’entre eux, se privant de tout ce que peut leur apporter cet extérieur redouté, tant sur un plan amical, culturel...

Le sentiment de honte envahit la vie psychique, sociale et familiale. Il retentit à la fois sur la manière d’être, de se comporter, et est accompagné d’une angoisse de rejet, d’exclusion de la communauté, de la société en général. Pauvreté, chômage, violences induisent également le sentiment de honte. La personne ou la famille s’exclut, ou se sent exclue de la société.

En même temps, une grande confusion entre l’intime et le public fait qu’ils s’exposent et se démarquent par des comportements peu discrets (ébats amoureux bruyants....) étalant ainsi leur intimité au grand jour.
 

Nous souhaitons donc les amener à différencier et à recadrer leur vie privée qui protège, et la vie publique qui intègre. Nous voulons les accompagner pour qu’ils découvrent la richesse de la convivialité, du voisinage, du partage.

Ouvrir sur les autres ; s’ouvrir aux autres.

Partenariat

Nous concevons notre travail dans un partenariat étroit avec les différents services ou institutions, dans la complémentarité de nos compétences professionnelles et avec les diverses associations du quartier pour un bon voisinage et de la convivialité.

Par réseaux de ressources, nous entendons une certaine qualité de travail basé sur la confiance, la complémentarité et la transparence avec nos partenaires des différentes institutions : Service Social de la Mairie, du CAS, ANPE, Bailleurs sociaux, Mission Locale, Dispensaires, PMI, DASES, DASS, UDAFF, JAF, Juge des Enfants, CAF, Sécurité Sociale, Planning Familial, maternité, DHM, secteur infanto-juvénile, les Associations Intermédiaires, de Quartiers, etc...

Plutôt que de répondre à toutes les demandes, ce qui nous placerait dans une sorte de “ toute puissance ” vis-à-vis des hébergés, nous préférons travailler avec nos limites professionnelles en faisant appel aux divers collègues plus compétents que nous dans des domaines précis.

Pour le résident, nous sommes présent dans une position de médiateur vers les différentes institutions. Ce médiateur s’adapte à la demande et au demandeur. Il est mobile. Il assure un “ pont ” de médiation entre deux interlocuteurs.

Le fait d’avoir par avance tissé tout un réseau de partenaires permet des relais, y compris en notre absence.

Ces accompagnements multiformes nécessitent que nous soyons toujours dans une distance “ juste ” et non dans un collage étouffant avec les jeunes parents. Il ne s’agit pas de les priver de leur expérience, ou de faire ressortir nos compétences, mais de les aider à découvrir leurs capacités propres d’évolution et d’ouverture.

La recherche des réseaux se fait dans cet état d’esprit, dans le sens que nous donnons à l’accompagnement.?Les réseaux de ressources sont élaborés à partir de nos rencontres avec les différents partenaires associatifs pour tout ce qui concerne la vie associative sur le quartier, rencontres avec les élus, les comités de voisins, en fait tout ce qui est en lien avec la vie du quartier, pour les aider à devenir acteur du social, citoyen actif et participant..

Cette notion communautaire nous paraît être un premier pas vers un enracinement sur un quartier, leur quartier, une véritable sédentarisation pour ces jeunes qui souvent ont erré de lieu en lieu, malgré leur jeune âge.

Nous pouvons aussi imaginer qu’après avoir eux-mêmes rencontré les différents interlocuteurs sur le quartier et s’être rendu compte qu’ils ne sont pas forcement menaçants, les anciens résidents puissent accompagner les nouveaux résidents, dans une forme de tutorat vers ces autres partenaires : nouveaux liens de solidarité, chaîne d’humanité.

 

 

III - LE PROJET

 

UN OBJECTIF : UNE PREVENTION ATTENTIONNEE À TROIS NIVEAUX

1 - Mettre à disposition un appartement, fondement d’une vie familiale

2 - Aider au développement des relations au sein de la famille

3 - Faciliter l’insertion professionnelle, environnementale et les autres aspects extra-familiaux nécessaires à la vie familiale

DES MOYENS

Un hébergement dans des appartements de deux pièces en bail glissant

Un contrat de visites mutuelles entre la famille et l’institution

La mise en place de services institutionnels Aire de Famille afin d’accompagner la famille dans ses projets et difficultés familiales

Une ouverture sur les associations de quartier

Un soutien aux démarches d’insertion professionnelle

Un soutien à l’intégration dans diverses structures sociales

III - LE PROJET

Une prévention attentionnée

 

III.1 - Les objectifs

Mettre à disposition un appartement, fondement d’une vie familial

III.2 - Les moyens

 

- Attribuer un appartement pour permettre la création de la famille.


 


 


 


 


 


 


 

- Respecter la vie intime et accompagner la vie privée.

Sans hébergement stable, la famille ne tarde pas à éclater. L’attribution d’un lieu de vie est donc le fondement premier de la démarche.

- Hébergement dans des appartements de deux pièces en bail glissant, après une période de trois mois dans des studios associatifs pour permettre l’installation et l’équipement des appartements.

Notre projet vise ensuite à favoriser la naissance puis l’évolution d’une famille, à permettre une ouverture vers une vie sociale élargie. Pour ce faire, les accompagnateurs proposeront deux types de rencontres interactives et complémentaires :

- Visites à domicile

Il s’agira de rencontrer la famille dans son appartement, d’être avec elle, de faire et d’aller ensemble dans un échange et dans une réciprocité. Faire ces visites à domicile, c’est permettre à la famille d’engager des choix : nous inviter, nous recevoir, venir nous rencontrer, donc prendre des risques, celui de s’exposer, de se montrer. Nous travaillons ainsi autour de l’invitation, de la confiance et du désir, donc de l’engagement vers une démarche dynamique. Les rencontres régulières sont inscrites dans le contrat d’accompagnement de la famille, dès l’admission. C’est donc un autre aspect du travail de la personne coordinatrice: aider la famille à formuler cette “ invitation à aller chez eux ”.

- Visites et rencontres dans les locaux de l’établissement

Aider au développement des relations au sein de la famille

 

Affermir la parentalité et la relation à l’égard de l’enfant

 

- Dans le souci d’étayer le désir des parents à conforter leur assise et à permettre à chacun de développer, à son rythme le plaisir d’être ensemble voire de vivre une séparation comme un aléa de la vie et non comme une rupture, nous proposons des lieux d’accueils diversifiés.

Ceci va se traduire par deux modalités, la mise en oeuvre d’espaces d’accueil au sein même de l’Association Aire de Famille, et la mise en relation avec les services existants sur la quartier.

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1 - Services institutionnels Aire de Famille

- Accompagnement haptonomique de la grossesse à travers des vacations d’haptothérapeutes (cf page 33)

L’accompagnement périnatal consiste en un accueil précoce de la grossesse, un accompagnement à la naissance avec les deux parents.

L’enfant n’est pas seulement l’enfant de ses parents, il est issu d’une double lignée, maternelle et paternelle y compris en cas de rupture ou de cassure : nous pouvons tenter ensemble, parents et professionnels, de l’aider à trouver sa place, à creuser son propre sillon sans tomber dans l’ornière de la répétition, soutenu par le patrimoine parental et les valeurs dont les professionnels sont porteurs.

- Création d’un lieu d’accueil enfants / parents ouvert sur l’extérieur dans lequel chacun sera accueilli dans sa singularité, un espace de transition libre, fondé sur les échanges, ouverts aux parents, que la naissance soit survenue ou non, et où l’enfant, accompagné par ses parents, pourra développer son humanité, en toute sécurité affective.

A chaque séance, un membre de l’équipe (éducateur de jeune enfant, éducateur spécialisé, psychologue), ainsi qu’un accueillant, assureront une présence à tour de rôle.

- Des groupes de parole pour les pères, les mères et pour les parents.

- Deux assistantes maternelles seront un recours possible en cas d’imprévus, de crises, de nécessités, liées aux impératifs de la vie.

2 - Services sur le quartier

Lien avec les associations du quartier, culturelles, de solidarité :

- PMI : enracinement sur le quartier. Rencontres avec les autres professionnels du secteur social et sanitaire.

- Dispensaire d’Hygiène Mentale et infanto-juvénile

- Accès aux crèches familiales, collectives parentales et haltes-garderies

- Parrainage : accueillir un enfant, lui apporter une stabilité affective, le soutien éducatif qu’il ne trouve pas suffisamment auprès de sa famille, tel est le contrat moral que passe une famille parrainante lorsqu’elle reçoit régulièrement un enfant. C’est un palliatif à l’isolement familial qui permet la création d’un lien affectif durable et médiatisé pour l’enfant. Les “ parrains ” sont soutenus et conseillés par des professionnels (Centre Français de Protection de l’Enfance).

 

Les conseillères sociales des sociétés HLM, interlocutrices privilégiées en ce qui concerne l’enracinement sur le quartier.

Faciliter l’insertion professi-onnelle, environnementale et les autres aspects extra-familiaux nécessaires à la vie familiale


 

- L’insertion professionnelle

L’accompagnement et l’aide à l’insertion professionnelle (insertion, au sens de “ trouver sa place dans un ensemble ”) seront l’une des préoccupations des profes-sionnels à la fois dans un but de subsistance économique mais également de prise de confiance en soi.

- L’insertion professionnelle

Contrat d’accompagnement et mise en place :

Nous nous trouvons face à des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ou qualification, ou rencontrant des difficultés spécifiques d’accès à l’emploi. Les difficultés d’insertion professionnelle peuvent provenir notamment de leur faible niveau de formation, du milieu social défavorisé auquel ils appartiennent, de l’image négative attachée à leur quartier d’habitation, d’une discrimination fondée sur l’origine ethnique et de leur absence de réseaux de relation pour les introduire auprès des employeurs.

Nous ferons donc un travail de mise en relation avec les partenaires suivants :

- la Mission Locale qui propose une aide spécifique autour des jeunes de 18 à 25 ans, ainsi que différents modes d’approches du monde du travail.

- des entreprises autour de projets de stage ou de mise au travail individualisés et adaptés.

- des Centres de Formation.

- des pratiques de tutorat (un membre du personnel de l’entreprise accueillant le jeune, accepte d’être son tuteur pour l’aider à acquérir les savoir-faire professionnels).

- et des pratiques de parrainage, dans le monde du travail, en complémentarité avec les dispositifs existants : une personne bénévole, extérieure à l’entreprise, propose accompagnement et conseil autour du projet professionnel et de sa réalisation.

- L’accès à la citoyenneté, la responsabilisation sociale.

- Place et droits des usagers (comité de résidents)

 

 

III.3 – Phases d’admission et d’accueil

Les jeunes couples nous sont adressés par diverses institutions ou associations : les mairies, les services sociaux (DASES, CASVP, CAF, Services de Prévention ...), les services médicaux (Dispensaires, Maternités, PMI, Médecins ...), les services d’insertion professionnelle (Missions Locales, ANPE, Lycées et Collèges, Centres de formations professionnelles ...), les différents Centres d’Hébergement (FJT, CHRS, SAU ...), les centres d’information et d’orientation ( CNIDFF, CIDJ, CIEJ ...) et toutes les associations de quartiers.

III.3.1 - Finalités

L’admission est un espace temps de rencontre qui présente plusieurs finalités

- un caractère administratif, visant à vérifier que le couple entre bien dans les critères d’entrée,

- une dimension relationnelle, d’écoute, visant à accueillir le couple dans sa difficulté et dans le respect des personnes,

- une dimension de bilan accompagné, visant à évaluer ensemble les différentes composantes de la situation de couple, de parent, d’insertion professionnelle …

- une préparation à l’engagement dans la structure d’accueil par la compréhension de ses spécificités.

III.3.2 - Critères d’admission

Ils sont centrés sur le désir du couple de construire une famille.

Jeune couple en attente d’un enfant, en difficulté familiale, sociale ou professionnelle.

Désir de vivre ensemble et de fonder une famille.

Souhait et capacité de réflexion autour des rôles et fonctions parentales.

Capacités d’insertion (démarches vers l’extérieur).

III.3.3 - L’admission se déroule en deux phases

La phase “entretiens” est suivie d’une période de découverte et d’expérimentation du Centre.

La première phase consiste en deux rencontres avec le couple pour écouter sa demande et évaluer de part et d’autre l’intérêt d’une intégration dans le Centre (voir ci-après le détail du contenu de ces entretiens)

2 Si ces entrevues aboutissent à un accord mutuel, le couple s’installe dans un appartement-relais pour une période de trois mois.

Ce temps n’est pas une période d’essai ; c’est un temps d’accueil pour favoriser la réflexion du couple, lui permettre de comprendre (rationnellement), puis de ressentir, d’expérimenter, d’approfondir ce qu’offre le centre parental.

Dans cet espace-temps particulier, les couples pourront “ expérimenter ” leur vivre-ensemble, rencontrer d’autres familles hébergées, échanger avec elles autour de leurs vécus, leurs espoirs et déceptions, exprimer leurs attentes.

Les couples pourront également, s’ils le souhaitent, goûter à l’invitation haptonomique et commencer à vivre affectivement leur relation à l’enfant “ déjà là ”.

Des rencontres hebdomadaires seront contractualisées avec le professionnel qui a accueilli le couple lors des premiers entretiens, de façon à faire éclore, de part et d’autre le désir d’un accompagnement spécifique.

Si au cours de cette période, ou à l’issue des trois mois, le couple ne souhaite pas s’engager avec le centre parental, nous l’aiderons, dans la mesure du possible, à se réorienter vers une autre structure.

La signature du bail glissant prend valeur de contrat à partir de cette date.

La prise en charge administrative (uniquement pour des couples vivant à Paris) est alors de six mois renouvelables.

 

III.3.4 - Déroulement des deux entretiens d’admission

Deux entretiens avec deux professionnels différents sont préalables à toute admission, afin de permettre la concertation sur des points de vue et appréciations différentes.

Dans un premier temps, le couple s’entretient avec la directrice qui va entendre les motivations de la demande du couple, faire le point sur sa situation administrative et financière.

En contrepartie de cette demande, la Directrice va expliciter le cadre de l’établissement (buts et moyens), évoquer le contrat social et l’engagement à prendre (droits et devoirs de chacune des parties)

Dans un deuxième temps, le couple s’entretient avec un membre du personnel éducatif, qui va faire le point sur la situation familiale globale, engager un chemin vers la jeune femme/mère et l’homme/père, donc vers l’enfant à naître. L’entretien est centré sur le couple, la famille en devenir, l’engagement dans un projet.

Puis un travail de concertation, réunissant ces deux professionnels et une psychologue, permettra de donner suite à la demande du couple.

Le point de vue du psychologue, plus extérieur et non impliqué d’emblée dans la relation, permettra de dégager des objectifs de travail avec la famille.

Après l’accord d’admission par la Directrice, le couple pourra peu à peu entamer une relation privilégiée avec l’un des professionnels ; ce dernier deviendra alors le coordinateur présent et attentif, entre cette famille, les partenaires extérieurs et au regard des autorités de tutelle.

 

III.3.5 - Schéma récapitulatif des phases d’admission et d’accueil
 

 

 

Premier entretien avec la directrice :

motivation, critères d’admission, contrat

social

 

 

 

Première phase

Admission

 

Deuxième entretien avec un membre du personnel éducatif : projet de couple, projet parental, insertion professionnelle

 

 

 

 

 

Concertation entre la directrice, l’éducateur accueillant et un psychologue afin de donner l’accord et de définir un projet de travail avec la famille

 

 

 

Deuxième phase Accueil

 

Période de 3 mois dans un logement relais pour découvrir le Centre Parental (réunions hebdomadaires)

 

 

 

 

 

Bilan de réflexion et d’engagement dans la structure

Signature d’un contrat d’hébergement en bail glissant et du contrat social

III.4 - Nos axes et nos choix d’accompagnement

III.4.1 - Le contrat d’occupation

Les studios-relais sont mis à la disposition des jeunes couples en attente de la naissance d’un enfant dans le cadre de l’établissement géré par l’Association AIRE DE FAMILLE à la suite de la procédure d’admission et avant l’installation dans un appartement de type F2 en bail glissant.

Conditions de mise à disposition d’un studio-relais

La mise à disposition d’un studio-relais est soumise à l’élaboration d’un contrat individualisé avec les demandeurs. Cet accord s’appuie sur deux points essentiels qui sont préalablement discutés avec le jeune couple :

1 Participation aux frais de séjours : les résidents sont tenus d’acquitter une participation financière au titre de l’hébergement. Cette participation est déterminée en fonction de critères fixés par l’Aide Sociale, organisme de tutelle.

Elle est fixée à l’entrée des résidents, en fonction de leurs revenus et de leurs charges, et peut-être réévaluée ou diminuée en cours de séjour si leur situation vient à changer.

2 Un engagement personnel avec les professionnels de l’établissement à travers des rencontres régulières soit au local de l’association, soit à domicile (Cf contrat social)

 

Conditions d’hébergement

1 Les lieux

Le studio-relais est un préalable à l’accès au logement en bail glissant. Ce studio est équipé et meublé. Le temps de séjour y est de trois mois. Les résidents peuvent y apporter toutes leurs affaires personnelles nécessaires à la vie courante.

Un état des lieux avec un inventaire est dressé lors de l’entrée.

L’abonnement EDF est souscrit au nom de l’association.

Un abonnement téléphonique est souscrit au nom de l’Association ; les consommations sont à la charge des résidents.

2 Règles de vie

Les occupants des studios-relais peuvent recevoir la visite d’amis ou de parents mais l’installation d’une personne étrangère au présent contrat n’est pas envisageable.

Chaque occupant est tenu à l’entretien de son studio. Tout aménagement doit être préalablement négocié avec l’Association.

Les occupants de ces studios s’engagent à observer avec le voisinage les règles de courtoisie nécessaires à une bonne cohabitation (utilisation discrète des appareils électroménagers, télévision, radio, correction avec le gardien de l’immeuble ...etc.).

Durée et rupture de contrat

1 Durée de mise à disposition d’un studio-relais

La prise en charge de l’Aide sociale est de six mois. Cependant la durée de l’hébergement minimum dans un studio-relais est de trois mois en préalable à l’accès à un appartement de type F2 en bail glissant.

2 Rupture de contrat

Tout manquement grave à l’exécution du présent contrat peut entraîner un départ anticipé du logement mis à disposition et notamment :

- refus de recevoir la personne chargée de l’accompagnement de la famille.

- installation d’une personne étrangère au contrat.

- entraves aux règles de bons voisinages.

- non paiement de la participation financière et de charges.
 

Conditions de mise à disposition d’un appartement en bail glissant

Après une période de trois mois en studio relais, et si le contrat a été respecté par les deux parties, un appartement HLM de type F2 en bail glissant pourra être mis à la disposition de la famille.

L’accueil de la famille dans l’appartement est subordonné à la prise en charge financière des organismes de contrôle, tant pour l’admission que pour les demandes de renouvellement de prise en charge.

Un refus de cette prise en charge financière mettrait en cause l’admission de la famille ainsi que son maintien dans les lieux.

1 Participation aux frais de séjour

Une APL sera demandée et sera versée directement au bailleur de la société HLM.

L’association facturera aux résidents une participation financière égale au loyer résiduel et aux charges locatives. Les impôts locaux et l’assurance de l’appartement sont à la charge des résidents.

La famille souscrira elle-même aux abonnements EDF et téléphonique et réglera tous les frais inhérents à l’occupation de l’appartement.

La caution (équivalente à un mois de loyer) est à la charge des résidents mais pourra être avancée par l’établissement en attente de l’aide du FSL.

Le but est de mettre chaque résident au plus près des conditions économiques qu’ils trouveront à la sortie du centre.

2 Contrat d’accompagnement

Il sera élaboré ensemble au moment de l’entrée dans le studio-relais. Il s’agira de préciser et de redéfinir au fur et à mesure les choix, les objectifs et les projets d’éducation et d’insertion de chacun des membres du couple (Cf contrat social)

Conditions d’hébergement

1 Les lieux

L’appartement de type F2, en bail glissant, n’est pas meublé par l’Association. Aussi, un dossier FSL sera établi au plus tôt pour permettre à la famille de faire face à toutes les dépenses inhérentes à l’installation dans les lieux.

2 Règles de vie

Les occupants des appartements pourront être visités à domicile par la personne assurant l’accompagnement de la famille, ou invités à venir nous rencontrer au local de l’Association, selon un rythme fixé ensemble.

Ils s’engagent à observer avec le voisinage les règles de courtoisie nécessaires à une bonne cohabitation et à un bon voisinage.

L’hébergement d’une personne étrangère au présent contrat, n’est pas autorisé.

Compte tenu de la durée limité du séjour dans l’établissement, les vacances sont limitées à une période de trois semaines.

Durée et rupture du contrat

1 Durée de l’accompagnement et de la mise à disposition de l’appartement

La prise en charge de l’aide sociale est de six mois renouvelables.

2 Rupture de contrat

Il y a rupture de contrat :

- Si la prise en charge financière n’était pas accordée par les tutelles au moment des renouvellements alors que le bail ne peut pas encore glisser au nom de la famille, celle-ci sera contrainte de quitter le logement au plus vite.

- En cas d’entrave aux règles de bon voisinage.

- En cas de non paiement de la participation financière et des charges.

- En cas de refus de l’accompagnement social.

Glissement du bail

Il sera réalisable selon les critères objectifs de la loi du 6 juillet 1989, à savoir :

- avec l’obligation de souscrire à une assurance locative,

- à condition d’occuper l’appartement et l’immeuble “en bon père de famille”,

- à condition de payer régulièrement son loyer.

Le présent règlement devra être accepté à l’entrée dans les lieux.

Il engage les résidents comme l’équipe d’encadrement.

Tout manquement grave peut entraîner le départ du centre.

III.4.2 - Le contrat d’accompagnement ou contrat social

Il s’agit de ne pas limiter la prestation à un simple hébergement mais de soutenir la famille dans sa fonction parentale jusqu’à ce qu’elle retrouve son autonomie (Cf les moyens).

III.5 – Axes éthiques du projet

“Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier des vertus qu’il n’a pas, et de négliger de cultiver celles qu’il possède”

Marguerite Yourcenar : “ Les mémoires d’Hadrien”

III.5.1 – Progresser grâce à la pluridisciplinarité et la supervision

Nécessité de travailler ensemble.

L’accompagnement social exige des rencontres pluridisciplinaires au cours desquelles chacun des intervenants peut confronter ses pratiques, affiner ses références théoriques, réfléchir sur son identité professionnelle.

A travers ces groupes de parole, les accompagnants seront invités à “ s’impliquer sur le sens intime des résonances intérieures qui ne manquent pas de surgir ”

“ Pour qu’une prévention puisse prétendre à une authentique possibilité d’affirmation de l’originalité de nos interlocuteurs, prisonniers de leur origine, nous, soignants, devons oser affronter notre propre violence fondatrice. Celle-ci est probablement source de notre motivation de professionnels de la santé. Mais, à ce titre, elle peut être tout autant génératrice de métamorphoses que de possibles répétitions agressives ”.

Nous faisons nôtre cette opinion discrète mais engagée.

Confrontées au risque d’être tiraillées entre le clivage identitaire professionnel (c’est une affaire de spécialistes) et la fusion narcissique (faire du même car nous sommes tous pareils), nous souhaitons réfléchir sur les éléments qui nous rassemblent, nous séparent voire nous opposent dans l’accompagnement des familles.

 

III.5.2 - Une instance de recherche et de formation

Pour évaluer régulièrement la pertinence du projet qui se veut expérimental et innovant, et dont les ambitions d’essaimage et de pérennisation, nécessite un ajustement permanent.

Cette recherche se ferait en lien avec un pôle universitaire. (par exemple, dans la cadre de l’U.F.R. Sciences de l’éducation, de Paris X Nanterre)

 

III.5.3 - Les vacations

Intervention de divers spécialistes sur des thèmes touchant la relation à l’enfant, à soi-même, à la parentalité.

 

Vacations d’haptonomie

La naissance d’un enfant ne marque pas le début de sa vie : dès sa conception, il est déjà là, présent, vivant.

Parmi les nombreuses applications de l’haptonomie, l’accompagnement périnatal soutien la première rencontre humaine triangulaire génératrice pour l’enfant (et en fait pour la triade) de santé psychique affective. L’accompagnement prénatal permet aux parents et au bébé de nouer une relation affective réciproque avant la naissance. Le but étant d’établir un vrai dialogue pour comprendre les demandes ou les gènes du bébé, ou décoder ses mouvements qui peuvent aller du trépignement à la danse.

Le fait d’avoir considéré leur bébé comme un interlocuteur valable pendant sa vie intra-utérine, comme un  être « qui peut proposer », rend les parents attentifs. Leurs relations de couple en seront également enrichies, tout comme celles de l’enfant avec ses parents.

L’accompagnement haptonomique vise la rencontre affective de la famille avec l’enfant dès le quatrième mois de la grossesse. Elle aide à “ mettre au monde ” parents et enfants, en laissant lentement éclore entre eux des relations de tendresse vivifiantes et sécurisantes.

L’haptonomie favorise :

- l’établissement, dès la venue au monde de l’enfant, d’une sécurité de base fondement du développement de l’autonomie.

- découverte du devenir parents, pour le père et la mère, ensemble et autour de cet enfant là.

L’haptonomie révèle donc une communication affective entre parents et enfant, permettant un “ être-ensemble ” porteur d’espérance pour la construction de la famille. L’absence de relations affectives, conduit inévitablement à des formes de  « socioses », mot employé par Frans Veldman pour nommer les pathologies qui se développent actuellement et qui prennent racine dans le non accueil de l’enfant à naître et de ses parents

Vacations d’éthno-psychiatrie

Les parents migrants ou issus de familles migrantes ont des représentations de la parentalité différentes de par leur appartenance culturelle. Pour faciliter le métissage entre culture d’origine et culture du pays d’accueil et pour éviter une acculturation forcée, se fondant uniquement sur les représentations de la parentalité des équipes d’encadrants, nous intégrerons la prise en compte de ces particularités :

Nous proposons deux axes de travail :

Pour les professionnels et les résidents : le recours possible à une médiation favorisant la rencontre entre culture d’accueil et culture d’origine.

Pour les résidents : l’accompagnement vers une consultation d’ethno-psychiatrie si nous évaluons que les difficultés présentées ne peuvent s’élaborer qu’à partir de cette forme de soutien.


 

CONCLUSION

De nombreuses structures viennent en aide aux femmes seules avec ou sans enfant. Nous pensons qu’étant donné l’importance du père dans la structuration de l’enfant, dans la viabilité économique de la famille, il est important d’éviter la séparation dans la mesure où cela est possible.

« La paternité, en charge permanente de représenter l’altérité dans le processus du développement identitaire de l’enfant, est bien le lieu stratégique de prévention de très nombreux risques sociaux, et à ce titre un problème politique majeur.

L’étude de la paternité conduit à un décentrement par rapport à l’approche traditionnelle de phénomènes comme la délinquance, les mauvais traitements et les abus sexuels. Elle met à nu la faille qui résulte de la mise à bas des anciennes figures d’autorité sans que rien n’ait été prévu pour les remplacer. ....

..... Une politique de longue portée doit s’appuyer sur les familles et le tissu associatif auquel elles participent. Elle ne saurait sans doute donner des résultats immédiatement visibles et donc rentables à court terme. Elle est pourtant une priorité nationale majeure. ”

Comment résoudre ces difficultés en ces périodes d’urgence et de précarité ?

Rendre possible le temps de s’installer, de découvrir sa vie et la vie de son enfant, faire que celui-ci ne soit pas “ un problème ” de plus avant d’être né, se donner une chance d’être à la hauteur de sa tâche de parents, le protéger et en prendre soin alors que gagner sa vie est si aléatoire, les liens familiaux et sociaux si distendus, les repères si fluctuants.

Alors même que les facteurs de vulnérabilité se multiplient, pouvoir mener sa barque, avoir envie de “ s’en sortir ” (être autonome) et se donner les moyens d’y parvenir (être indépendant et responsable) sans pour autant créer une dépendance à l’institution.

Faire des personnes debout, dans une dimension citoyenne, participant à la vie de la cité.

C’est le pari que nous faisons en innovant l’accueil de ces jeunes couples.

Notre place de tiers accompagnant est périlleuse : cette place d’ouverture sur le monde peut-être vécue comme “ concurrente ”, “ rivale ” de la place reconnue du père de famille auprès de la mère et de l’enfant.

Et c’est aussi le pari que nous faisons dans notre accompagnement discret mais vigilant aux tentations toujours présentes d’occuper la place apparemment vacante ou déconsidérée, disqualifiée du père.

Nous sommes sensibles au ravageur désir de réparation qui nous guette souvent dans nos professions. (Nécessité d’une supervision des pratiques pluridisciplinaires et de l’évolution du projet institutionnel).

Il est urgent d’apporter une réponse plus adaptée à la situation des jeunes couples dont la femme est enceinte, afin d’éviter l’éclatement de la famille et l’errance.

Les textes régissants les différents types d’établissements succeptibles d’accueillir ces personnes ne sont plus toujours adaptés, compte tenu de l’évolution rapide de notre société.

Il est important de donner des réponses à l’urgence de la détresse sociale dans le sens d’une prévention précoce, d’une reconstruction du lien social, qui s’appuient sur des valeurs fondamentales.

Pour cela, la traversée des saisons nécessaires à toute maturation, est incontournable. Le temps fait parti des outils de travail, d’une part le temps psychique qui est individuel et d’autre part, le temps social qui lui est collectif.

La question de la sortie des familles est évoquée dés l’entrée dans l’établissement. Les différentes étapes de leur séjour marquent la ponctuation de ce temps qui passe, jusqu’au point de non-retour, moment où le bail de l’appartement va glisser au nom des résidents, les faisant passer du même coup, du statut d’hébergés à celui de locataires.

Glissement du bail qui les fait aussi « glisser entre nos doigts » pour devenir des personnes ordinaires et sans tutelle !


 

BIBLIOGRAPHIE

BETTELHEIM Bruno,  “ pour être des parents acceptables ” Laffont Bouquins 1988

BRUEL Alain, “ Un avenir pour la paternité ? ” Syros Alternatives Sociales 1998

CLEMENT René, “ Parents en souffrance ” Stock 1993

GIRARD Victor, “ les souffrances d’origine sociale ” in “ Les incasables : alibi ou défi ”

N° hors série de Journal des psychologues, mars 1988

MOISSONNIER Sylvain, “ Origine de la maltraitance et violence périnatale, la maltraitance à l’origine ” in Cahiers de la puéricultrice N° 131 septembre 1996

MORO Marie-Rose, “ Parents en exil ” PUF le fil rouge 1994

SHOPENHAUER A., “ les parega et paralipamena ” Aphorismes sur la sagesse de la vie PUF 1964

VELDMAN Frans, “ Haptonomie, science de l’affectivité ” PUF 1989

“ Redécouvrir l’Humain ” PUF 1998

WINNICOTT D.W., “  Jeu et réalité ” Gallimard 1981

œuvres collectives :

“ Le Père : Métaphore paternelle et fonction du père, l’interdit, la filiation, la transmission ” Denoël   1989

“ Les bébés, tous des traqués...? ” Actes de la troisième journée - rencontre nationale des psychologues de la petite enfance (ANAPSY) Février 1990

Encyclopœdia Universalis - Tome 9 - Article sur la famille

“ MELAMPOUS ” revue de l’association française des magistrats de la jeunesse et de la famille - “ cahier : La Paternité ” N°7 Hiver 1997 - 1998

CREDOC - Statistiques

“ Parents au singulier ” Revue Autrement - SÈrie Mutations n°134 - Janvier 1993

“ Parentalités ” Fondation pour l’enfance - Actes des journées d’études et de réflexion du 12 avril 1996 à Paris

“ La croisée des liens ” Fondation de France - Collection Repères

“ Reconstruire les liens familiaux ” Nouvelles pratiques sociales - Fondation de France - Collection Syros.

“ Qu’est-ce-que l’éducation ? ” Centre National de formation et d’étude de la PJJ - Vaucresson 1992

La misère du monde ” sous la direction de Pierre BOURDIEU, Seuil 1993, collection Libre Examen.

 

A l’exemple de l’intervention du laboratoire des études familiales de l’université Paris X Nanterre, auprès d’Enfants-Présents, dans le cadre de l’U.F.R Sciences de l’Education.

INSEE “  France, portrait social ” novembre 1997.

(page 1009) B. Bettelheim : “ Pour être des parents acceptables ” Edition Laffont, 3ème partie : famille, enfant, communauté

Irène Théry

In Bettelheim - “ pour être des parents acceptables ” Edition Laffont 3ème partie : “ famille, enfant, communauté.” - page 1043

Shoppenheimer in Shopenhauer, Aphorismes sur la sagesse de la vie. (page 105)

In Bettelheim - “ pour être des parents acceptables ” Edition Laffont - page 1043

Citée par Victor Girard, “ Les souffrances d’origine sociales ” in “ Les incasables : alibi ou défi ” N° hors série du journal des psychologues, mars 1988

Sylvain Moissonnier, Cahiers de la Puéricultrice n° 131 septembre 1996 “ Origine de la maltraitance et violence périnatale : la maltraitance à l’origine  ”

Ibid note 2

Ref : in Mélanpoulos N°7 - Hiver 1997- 1998 - Rapport : un avenir pour la paternité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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